La palme du grotesque


  1. Un Festival de cinéma, autoproclamé « national », vient de se dérouler à Hyères. Il avait lieu précédemment à Gruissan avec le même concept assez pauvre : 22 courts-métrages pour mettre en valeur les atouts de 22 régions (cf. Hyères magazine 09/11). Pas de quoi fouetter un chat sur le terrain de la création cinématographique même si quelques films peuvent être bien réalisés et servir, malgré eux, d’alibi. Car, avec un habillage tapageur, cela permet de vendre un Festival à des collectivités juste soucieuses de Com’ et en quête de mousse. Voilà donc un Festival sans commune fixe qui passe de Gruissan à Hyères. On ne sait pourquoi…

  1. Mais que les municipaux hyérois présentent ce Festival dans la continuité du défunt et regretté Festival du Jeune Cinéma (1965-1983), voilà qui pourrait relever d’une pure tromperie. Sauf à seulement y voir l’effet d’une regrettable inculture cinématographique. Qui sera dupe ?

  1. Car le Festival du Jeune Cinéma a marqué son époque. Ce fut un grand moment d’effervescence et d’expérience. De contestation du système établi. Y souffla le vent de la révolte contre l’ordre du cinéma officiel. Les débats y furent chauds. C’était, loin des conventions, vivant et créatif. Bravo encore à son fondateur feu Maurice Périsset ! Marguerite Duras le disait fort bien dans une interview (toujours disponible sur le site de l’INA) quand elle oppose le cinéma différent (celui du Festival) et le cinéma de grande surface.

  1. Car c’est bien cet esprit « grande surface » qui sera apparu dans l’organisation hyéroise de ce pseudo-événement « national ». Esbroufe, paillettes et toc.

La montée des marches du Casino pour l’ouverture, comme une singerie du Festival de Cannes, devrait valoir à la Ville la palme du grotesque.

  1. Qu’en restera-t-il en dehors d’une expo de vieilles photos ? Les touchantes photos d’une époque morte et enterrée qu’on aura ressorties, avec un passéisme naïf, comme quand on s’ennuie le dimanche à la maison. Le soir du vernissage on aura vu le tandem Politi/Pellegrino dans le rôle des petits récupérateurs. Alors que, c’est le plus drôle, le même Politi appartenait en 1983 à la majorité qui a tué le Festival du Jeune Cinéma !…

  1. Et tout ça pour combien ? A en croire une délibération votée en catimini le 31 mars 2011 (sans information, sans justification), ce serait 100.000 € pour l’association CinéMa Région avec un budget prévisionnel annoncé de 250.000 € pour la ville… Mais on peut craindre que ce feu de paille, sitôt allumé sitôt éteint, ait dépassé les prévisions… Et les hyérois aimeraient bien savoir ce que leur a coûté un pareil cinéma, juste pour la frime d’élus en mal de notoriété…

26 septembre 2011

     François Carrassan

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